samedi 8 juin 2013

Institut des Jeunes Aveugles


Sidiki a 8 ans, il suit actuellement la première année d'étude à l'Institut des Jeunes Aveugles de Bamako. Son œil droit n'est plus fonctionnel à cause d'une sclérose de la cornée et son œil gauche est pseudo-phaque. Suite à une consultation dans un centre de santé, sa basse vision a été considérée comme trop handicapante pour lui permettre de poursuivre un cursus scolaire normal. Ces parents l'ont donc inscrit à l'Institut des Jeunes Aveugles. Dans cette école, il apprend le brail et se prépare à utiliser la canne blanche pour se mouvoir.


Haby est une albinos de 10 ans. Elle a intégré l'Institut des Jeunes Aveugles il y a deux ans. Son acuité visuel sans compensation de 6/100 lui a valu d'être considéré au même titre que les aveugles. Incapable de suivre les cours dans une école normale sans correction optique, Haby a donc été envoyé à l'Institut des Jeunes Aveugles pour apprendre le brail.

Jusqu'à présent l'étude de la basse vision n'est pas très développée au Mali. Il y a pas encore d'optométriste et le peu d'ophtalmo comparé au nombre de patient ne permet pas de prendre en charge les patients ayant une AV<1/20. En effet la prise en charge d'un patient en basse vision requière de nombreux examens qui prennent beaucoup de temps, la refraction devient plus compliquée que pour un patient ayant une bonne vue, c'est pour cela qu'ils sont souvent délaissé.

A l'IOTA nous avons aménagé un créneau pour réaliser les examens de vue de ces personnes. Tout les mercredi après midi nous les consultons. Parfois nous nous déplaçons à l'Institut des Jeunes Aveugles. Sidiké et Haby ont put profiter d'un de nos déplacements et ils ont bénéficié d'une paire de lunettes correctives. Leur acuité visuelle compensée atteint les 3/10. Sans correction elle était de 1/20. Ce qui leur permet maintenant de pouvoir se déplacer seul et de pratiquer des activités qu'ils ne peuvent effectuer seul sans correction. Haby pourrait même intégrer une école normale et apprendre à lire.

vendredi 7 juin 2013

I ni san kura, sembé sembé JR :)

spécial dédicace à mon fidèle lecteur!!!!

Les maquis...



Encore des soirées... A la découverte des maquis !!!! Vu que le tourisme n'est pas très conseillé en ce moment, et que la chaleur de la journée nous empêche un peu de sortir, j'en profite pour visiter Bamako by night !!!
Dans les maquis c'est une ambiance particulière qui règne. Généralement il n'y a quasiment pas de lumière afin de ne pas pouvoir voir qui est à la table d'à côté. Au cas où se serait un voisin, sait-on jamais, il vaut mieux être prudent. Bah oui la religion interdisant l'alcool se serait bête que quelqu'un que je connais puisse m'identifier en train de consommer !!! No comment...Ce genre de maquis j'y vais souvent la semaine avec les CES, on y va pour boire une bière en soirée, et on reste souvent jusqu'à 2h, les discussions n'en finissant jamais !
Le week-end par contre je découvre les maquis-dansant dans lesquels la musique est à fond avec une mauvaise acoustique, ce qui donne un peu mal aux oreilles à la fin de la soirée. Samedi nous avons fait 4 maquis !!! Dans le premier : le facebook (aucune idée d’où vient son nom) il y avait écrit «  JOUYEUX ANNIVERSSAIRE » sur tous les miroirs !!!
Petite parenthèse : Eh oui, le français n'est vraiment pas bien enseigné ici. C'est la langue « officiel » mais c'est surtout la langue du colonialisme. Elle est enseignée à l'école. Dans les familles on parle que dans la langue de l'ethnie auquel on appartient ou en Bambara (qui est l'ethnie la plus répandue au Mali) Du coup les enfants ne parlent Français qu'à l'école et ils arrivent dans les études supérieures avec un niveau plus que médiocre. Dans mes classes, les élèves ayant le plus de difficultés sont les Maliens, et je pense que le problème de compréhension du Français en est la principale cause. On sent que même les médecins ou ophtalmo ont parfois des difficultés à s'exprimer correctement. C'est tout un casse-tête pour essayer de comprendre ce qu'ils veulent dire ! Et je ne vous raconte même pas les texto !!! Parfois je comprends vraiment rien !!! allez je ferme la parenthèse.
Revenons en au maquis !!! Dans les maquis dansant il y a des miroirs sur tout les murs, la piste de danse est souvent très étroite, et on danse donc devant les miroirs !!! Après le fb nous avons été dans un autre où il n'y avait pas grand monde, c'est bizarre ça aussi, il y a souvent des boites ou des maquis qui ne fonctionnent pas du tout mais qui restent ouverts. Ces dernières années il y a eu une multiplication importante du nombre de maquis, et manifestement les gens aiment la nouveauté alors les maquis sont à la mode, il y a du monde puis un an où 2 après ils se désertifient au profit d'un concurrent qui vient d'ouvrir. 
Du coup nous voilà repartis pour le coffre-fort... Arrivé là-bas on s'aperçoit qu'il y a un "concert", en fait un chanteur. Quand nous arrivons le chanteur reconnaîs un de mes amis qu'il connait bien et il décide de chanter pour lui... Il vante ses mérites, il raconte sa vie en chantant mais bien sûr il faut lui glisser un petit billet, c'est la tradition. On les appelle les griots, ce sont des chanteurs ou chanteuses qui racontent l'histoire d'une famille en chantant, souvent lors de grandes occasions comme les mariages, les baptêmes. Et on né griots, on ne le devient pas!
Puis nous sommes allés au glouglou, un petit maquis, genre une salle rectangulaire de 20m² avec des banquettes alignées contre le mur , table basse devant et la place pour 2 personnes debout entre les tables pour aller et pour danser quand l'alcool est suffisant ! Du coup on danse un peu devant tout le monde si on veut danser ! Et si on ne veut pas danser et bien on boit car vu le volume sonore, ce n'est pas facile de discuter ! Finalement je n'aime pas trop ce genre d'endroit mais si je sors avec des Maliens je dois m'adapter !

mercredi 5 juin 2013

qui veut du poulet?

Poulet-Mobylette!!!

Ici on peut vous proposer différents types de poulets. Toujours entiers par contre, vous ne trouverez pas de filets, de blancs, de pattes ou d'ailes de poulet, c'est soit tout entier, soit rien !!! Dans un premier temps, on distingue les poulets de chair des poulets bicyclettes. Les poulets de chair ce sont les poulets élevés industriellement, beaucoup moins goûtus que les poulets bicyclettes qui sont des poulets fermier, transportés en ville à bicyclette ! J'ai entendu beaucoup de critiques sur les poulets de chair... Et j'ai eu un peu honte de dire que dans nos pays dit « développés » la majorité de la population achète la viande au super-marché et que l'on trouve quasiment que de la viande industrielle, même si pour le poulet, le consommateur fait attention de choisir du poulet fermier, quand il s'agit du porc ou du bœuf, son attention retombe rapidement.
Quant au mode de cuisson, vous trouverez peu de poulets cuits au four car il y en a très peu ici (problème d'électricité et le gaz coûte plus cher que le bois ou le charbon), néanmoins dans certains lieux de restaurations rapides ils vendent des « poulets télévisés », vous voyez ce que je veux dire ? ceux qui sont rôtis à la broche, qu'on trouve souvent sur les marchés en France. Mais ils reçoivent également beaucoup de critiques, le mode de cuisson n'est pas très naturel et pas beaucoup apprécié. Aussi, on m'a beaucoup vanté les mérites du poulet flambé du Burkina. Ah bon ? Poulets flambés ? Mais flambés à quoi ??? ah !!!! à la flamme !!!! En fait c'est tout simplement cuit à la flamme, pas vraiment la même signification de flambé pour nous !!!!

jeudi 30 mai 2013

Visite de la Bramali


Ce matin j'ai eu le privilège d'aller visiter la brasserie du Mali, la BRAMALI. C'est ça d'avoir des relations ;-) la grande classe car c'est une société qui est fermée au public normalement! C'est la seule brasserie du Mali, elle produit 4 sortes de bières différentes: la castel, la flag, la guinness (pas vraiment la même que l'Irlandaise) et la beaufort (nouvellement arrivée depuis 2010) Elle produit également quasiment toutes les boissons gazeuses du Mali (ici on appelle ça des sucreries) : coca, sprite, fanta et d'autres qui ne s'exportent pas en France comme les jus d'ananas gazeux, jus de pomme gazeux, ou limonade au café. Il n'existe qu'un seul concurrent sur le territoire qui fabrique notamment une limonade aromatisée à la noix de coco! Bramali c'est une société Française! Même si le DG porte un nom un peu Allemand : Guy VAN KESTEREN!!!!
Après avoir fait les salutations de rigueur au Mali, et après avoir bu un coca j'ai pu visiter l'usine d'embouteillage : 18 000 bouteilles embouteillées par heure!!! Ils reçoivent les bouteilles plastiques sous forme de tube à essai, le plastique est ensuite chauffé et dilaté puis mis dans un moule pour obtenir la forme finale de la bouteille. Ensuite bah c'est l'usine, les bouteilles sont remplies puis fermées, puis étiquetés puis empaquetées! Pour les boissons dans les bouteilles en verre, ils ne font que du recyclage alors les bouteilles sont nettoyée avec de l'eau à 100°c puis remplies, capsulées, un contrôleur vérifie chaque bouteille et il enlève celles qui sont un peu cassées, ou pas bien fermées ou pas bien remplie, puis étiquetage et rangées dans des caisses.
À mon  grand regret je n'ai pas pu visiter l'usine de production de la bière, ils produisent chaque bière une fois par semaine et ce n'était pas le bon jour :-( Par contre j'ai pu déguster une castel (enfin... 2....) bien fraîche, tout juste sortie de l'usine... Il était 11h... Le soleil chauffé bien.. Le retour en mobylette était bien fun (19km quand même)!!!!

Le pluie est arrivée :-)


  La pluie des mangues est arrivée début mai. Elle a durée une bonne heure et nous avons ressentie la fraîcheur durant toute la nuit. Mais ce n'était pas suffisant pour bien nous rafraîchir. Depuis ce jour, les mangues ont pris possession du bord des routes, les femmes qui vendent les mangues se sont multipliées, il y en a partout au bord du goudron!!!  !!!
Petit oiseau au bord de ma fenêtre
La pluie nous a nargué une 2° fois 10 jours après, cette fois ci le matin, nous avons donc pu profiter et sortir un peu plus la journée. Mais la fraîcheur est repartie aussi rapidement qu'elle est arrivée.... Enfin, mardi matin une bonne grosse pluie m'a réveillée:-) j'avais l'impression que quelqu'un prenait sa douche dans ma chambre !!! et durant toute la journée (oh, quel bonheur!) les nuages étaient présents, laissant tomber quelques gouttes de pluie avec parcimonie. Le soir même, la température n'était toujours pas remontée :-)
J'ai même du éteindre la clim et mettre un t-shirt à manches longue car j'avais un peu froid, j'ai couru voir le thermomètre en me disant que là vraiment il faisait frais... Et le thermomètre indiquait : 27°c !!! ouh.......je crois que je vais souffrir quand je vais rentrer à Paris !!! Je vais sûrement devoir porter le bonnet et l'écharpe en plein mois d’août !!!

dimanche 19 mai 2013

Eau...Problème de ravitaillement à Bamako

Bamako s'est beaucoup agrandi (environ 100.000 habitants de plus tous les ans). Plusieurs nouveaux quartiers ont vu le jour. L’expansion de la ville a été telle  que le raccordement du réseau d'eau potable n'a pas pu suivre.  En pleine saison sèche (c'est à dire en ce moment) le problème devient de plus en plus crucial dans les quartiers périphériques et même en centre ville où les baisses de pression sont plus que quotidiennes.
Dans la journée l'eau ne coule plus des robinets, la coupure intervient le matin vers 6h, et le service n’est rétabli que dans la nuit. Parfois à 22h ou parfois à 23h30! Certains quartiers sont vraiment défavorisés, les régions situées sur les hauteurs reçoivent moins d’eau que celles situées dans un bassin ou près de la station de pompage, à cause de la faiblesse de pression dans les conduits d’eau. Dans ces quartiers l'eau du robinet coule moins de 2h par nuit. Il faut donc attendre, souvent vers minuit et remplir des seaux et des containers pour faire des réserves d'eau qui serviront le lendemain.  L'OMS estime qu'il faut, en moyenne, 50 litres par jour et par personne pour combler les besoins domestiques. Autant vous dire qu'on est loin du compte. La population cherche donc d'autres moyens d'approvisionnement, elle va puiser l'eau du fleuve ou l'eau des puits. Les puits existent dans tous les quartiers mais la plupart ne fournissent pas une eau potable. 
L’eau potable distribuée à Bamako et Kati est traitée par une grande station de pompage dont la capacité nominale est de 120 000 m3 par jour, passée actuellement à 135 000 m3 alors que les besoins journaliers avoisinent les 152 000 m3.
La solution pour résoudre le problème d'eau est connue mais la question du financement se pose toujours. Pour construire la station de Kabala qui devrait permettre d'assurer un approvisionnement en eau durable de la ville de Bamako, il faudrait, tout compris (réseau de distribution, stockage et station de pompage et traitement), investir un montant au moins égal à 150 milliards de FCFA, soit environ 15% du budget de l'Etat malien...
J'ai la chance d'habiter au centre ville et surtout dans l'IOTA. L'IOTA bénéficie d'une pompe personnelle qui permet l'approvisionnement en eau. Cette pompe fonctionne la journée pendant les heures de bloc, c'est-à-dire de 8h à 16h du lundi au vendredi. Ensuite il faut attendre 22h pour retrouver l'eau du robinet... Le week-end je fais mes réserves d'eau, comme tout le monde. Et j'essaie donc de trouver le temps en semaine pour faire mes lessives (à la main bien sur!!!)